Avant-hier, en sortant du métro, j’ai entendu des oiseaux chanter. Ils étaient nombreux, et tout près. Je suis allé voir. Au coin du carrefour, sur un carré de pelouse exposé aux rayons du soleil qui déclinait dans l’axe de l’avenue, il y avait des oiseaux en cages, entourés à distance de messieurs attentifs.

C’étaient des éleveurs d’oiseaux chanteurs qui les avaient réunis pour les faire profiter du soleil couchant. Quand on s’occupe bien de ses oiseaux, on doit les promener tous les jours, et leur faire rencontrer d’autres oiseaux à des heures favorables, pour qu’ils entendent d’autres chants. Les oiseaux sont timides et se vexent facilement. C’est ainsi que, le plus près du photographe, les sujets ont refusé de poser et se sont cachés dans le fond de leurs cages. Il ne reste à voir que les petits abreuvoirs de porcelaine. Leurs maîtres m’ont dit que j’arrivais trop tard pour écouter, qu’ils allaient remettre les petites housses de toile sur les cages et rentrer à la maison. On peut en charger six et plus sur un seul vélo. En tenant le grand crochet de bronze au sommet de la cage, on peut en porter quatre, deux dans chaque main.

J’en avais déja parlé ici , en écrivant que ce sont les retraités qui s’occupent des oiseaux. Erreur, les retraités ont plus de temps, mais tous ceux qui le peuvent ont des oiseaux dans la famille, comme à la campagne; on les voit dans les cours, et sur les balcons quand il fait beau. Le réparateur de vélos de la cité universitaire où j’étais l’an dernier installe ses deux oiseaux au-dessus de la petite cour de son atelier et travaille en musique.
Etonnant, exotique et attachant l’attention de ces gros messieurs pour de petits oiseaux chanteurs, poésie urbaine d’un peuple plus cool que les autres ?
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Quelle poésie !
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Comment s’appelle cet oiseau, de la taille d’un merle, l’oeil vif « maquillé » de blanc,
dont la robe est rousse claire ? Dans toutes les cages que j’ai vues dans un parc de
Shanghai, il s’agissait de la même espèce et ils chantaient merveilleusement bien comme s’ils s’interpellaient, heureux du printemps qui arrivait.
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