Courteline sur Internet

Pas de petite histoire aujourdhui. Je viens de passer trop de temps à buter sur les interdictions de voir que mon fournisseur d’accès, ou bien la Grande Muraille de toile, ou bien je ne sais pas qui, a mises sur mon chemin. C’était pourtant modeste et sans danger. Je cherchais un texte de Georges Courteline pour illustrer mon cours de ce soir. Le commissaire est bon enfant. De préférence la version théatrale.

 

Donc la bibliothèque de Google est inaccessible, je peux poser une question, on m’affiche une page blanche en réponse. Une bonne partie des sites que la réponse de Google me propose est inaccessible aussi (pourtant mon journal habituel m’a dit que Google avait accepté de ne pas proposer ce qui est interdit). Gallica est autorisé. Mais c’est tellement éprouvant de s’en servir que j’ai failli renoncer avant d’avoir atteint un monsieur qui a trouvé une montre, l’autre version, pas le texte mais les images des pages. C’est mieux que rien.

 

Pour me consoler, je suis aller voir si wikipedia était accessible. Mais oui, y compris l’article qui m’explique en français pourquoi et comment ça ne marche pas. En anglais aussi. Et puis non, après la première les pages s’affichent blanches. J’ai dû mécontenter le surveillant.

Rectificatif: je me suis déconnecté pour déjeuner, puis reconnecté. La bibliothèque de Google me répond cette fois (l n’y a rien d’intéressant). Etais-je victime d’une illusion?

La chénopode blanche

Le prochain président de la République sera une Française belle et élégante, qui a de nombreux enfants, exactement le rève que font les Chinois pour leur gouvernement. Ils connaissent aussi Sarkozy qui est passé plusieurs fois à la télévision, mais lui ne fait pas rêver. Il ressemble à un cadre préoccupé, et on en a déja assez comme ça ici. C’est Le journal d’un Chinois qui me le dit (d’ailleurs, si la Chine vous intéresse vraiment, vous feriez mieux de le lire que de continuer cet article. Lui au moins sait de quoi il parle).

 

Donc j’emprunte la photo que voici à sohu.com qui m’a aussi donné la transcription phonétique de son nom. Vous savez sûrement que les Occidentaux habiles choisissent avec grand soin la transcription de leur nom en caractères. Ainsi Carrefour s’appelle ici Jia le fu jialefu361.gifmaison, joie et bonheur. Jean-Claude Decaux (celui qui fait les affiches lumineuses dans le métro) s’est transcrit en De gao degao36.gifvertu et haute taille, la hauteur de la vertu.

 

Et Ségolène est Saigelainuo Luoyaer

 

saigelainuo_48.gif

 

 

 

Les Chinois sont des gens courtois, et ont respecté l’habitude française de prononcer le prénom avant le nom. A la chinoise, ce serait Royale Ségolène.

Sai signifie ‘boucher’ (une bouteille) ou ‘bourrer’ (un pot) ou ‘faire rentrer’; regardez le caractère, c’est très clair. Ge se traduit par ‘style’ mais ce n’est pas le sens premier qui désigne le quadrillage carré des cahiers d’écriture. Lai est la chénopode blanche, une fleur sauvage de la famille qui compte aussi l’épinard et la salicorne (une autre transcription a choisi Lan, l’orchidée). Nuo veut dire ‘gracieuse’. Voila pour le prénom.

Le nom commence par Luo, le filet pour capturer les oiseaux. Ya c’est ‘élégante’. Er signifie ‘vous’ ou ‘tu’ mais pas comme sujet. « Je vous prends au filet avec élégance ».

Certes, il ne faut pas raisonner sur les sept syllabes d’une transcription phonétique comme sur les deux précieux caractères du prénom choisi d’une personne (tiens, pourquoi mon épouse, dont le prénom était « pensée rouge » a-t-elle décidé un jour de le changer en un autre qui évoque l’oiseau des contes taoïstes capable d’emporter un palais ou une ville dans ses serres?).

« Gracieuse comme une fleur des champs, elle vous fera rentrer dans le cadre ».

Rive gauche

Hier beau temps, je suis allé me promener dans les anciennes concessions européennes, de l’autre côté du fleuve. On est en train de remettre à neuf la concession italienne. La municipalité pose des plaques explicatives sur tous les bâtiments dignes d’attention et de protection. Je ne suis pas sûr que celle-ci fasse partie du projet.

Ce soir je donne un cours de français. Ca m’encourage.

 

Et aussi une image nostalgique de Paris. Un bateau-mouche passe sous le pont Alexandre III. Pourtant j’ai l’impression d’être ailleurs.

img_3758_1.JPG