Départ retardé

Hier matin, mercredi dans l’ère commune, et premier jour du temps normal après les trois premiers jours de l’année, je pars en France voir la famille. C’est la première fois que j’utilise un billet aller vers la France, le pays natal. Ma maison est en Chine, c’est écrit maintenant. Vision harmonieuse de la salle d’enregistrement d’Air China à l’aéroport de Beijing, où l’agent de la compagnie m’annonce qu’elle accepte les 30 kilos de ma grande valise sans supplément. Le cheval de jade acheté par moi, le cheval de céramique offert par mon beau-père, et la viande de chien sous vide pour les amis Chinois de Paris pèsent lourd.Aérogare
Mais ce n’est pas du tout ça. Le brouillard est tombé sur la ville. L’autobus vers Beijing Capital Airport ne partira que quand on y verra à plus de 50 mètres. Mon épouse est quelqu’un de combatif et le mauvais temps est un obstacle à vaincre. Nous roulons, avec un autre couple et les bagages, dans un taxi négocié. J’ai beau dire que le brouillard retarde autant les avions sur les pistes que les voitures sur l’autoroute, il met un point d’honneur à rouler plus vite que les autres, prendre la voie des tracteurs et des tricycles pour doubler par la droite un camion à conteneur maritime, et se rabattre juste devant pour éviter de faucher un groupe de piétons sortis brusquement de la brume. Nous arrivons à l’heure, pour voir ça:Enregistrement stoppéAucun avion ne part. D’ailleurs celui qui doit me transporter n’est pas arrivé de Shanghai, où il attend qu’on lui dise qu’il pourra se poser. L’aérogare côté départ se remplit de gens qui ne partiront pas tout de suite. Et tout le monde s’installe pour survivre à l’attente, presque dans la sérénité.FamilleHomme assis Groupe et écranQuand on attend ainsi tous la même chose, on se rapproche. Ceux qui espèrent l’avion de Paris commencent à discuter.

Une dame seule un peu émue m’explique qu’elle part pour la première fois à l’étranger, voir a soeur qui travaille à Paris et s’occupe de la force des noyaux. C’est le premier sens des caractères qu’elle me désigne dans le dictionnaire. Je lis la suite de la définition. Le fils du noyau, c’est l’atome. L’énergie nucléaire.

Une grande étudiante se rapproche de nous. Elle est venue de Paris où elle apprend le français, passer le Nouvel An dans sa famille. Elle avait voyagé avec un billet via Londres. Mais au retour l’agent de British Airways a refusé de l’enregistrer. Son papier récépissé de demande de carte de séjour, tout en français, n’est pas accepté comme document de transit vers l’espace Schengen à Londres. On lui a remis une belle lettre bilingue qui l’explique, sur papier à entête de la compagnie. Elle vient d’acheter un billet direct pour Paris, 3100 yuans, et espère que l’agence de voyages parisienne la dédommagera.

Un couple de Français se soucie. Ils avaient fermé leur hôtel du Pouliguen pour prendre des vacances. Demain soir ils ont des clients qui ont réservé. Ils contemplent leurs billets dans le TGV Roissy-Nantes qui part une heure et demie après l’arrivée de l’avion de Pékin à l’heure normale. Je sais qu’il y a un mauvais sort sur ces billets. La journée n’est pas finie.

CA933

zhongguo guoji hangkong

Zhongguo guoji hangkong. C’est ce qui est peint sur les avions d’Air China compagnie nationale. Nation centrale, nations extérieures, navigation de l’espace. Le dernier caractère signifie ‘espace’ ou ‘vide’ et s’applique aussi bien à l’Espace des taïkonautes (le grand vide) qu’à un temps libre dans l’agenda.

Aéroport OTAN

L’aéroport OTAN de Laon Athies, c’est ce que je verrai par le hublot, le 21 février vers 16 heures (heure française), si l’avion n’est pas en retard après dix heures à la poursuite du soleil. Celui du 2 juillet 2006 d’où cette photo a été prise l’était, et le billet de train déja réservé qui m’attendait dans les distributeurs de la gare TGV de Roissy CDG1 n’a pas été utilisé. Vol Air China CA933, Beijing-Paris, quotidien, Airbus 340. Si tout se passe comme il est écrit sur le billet, je monterai dans le même avion nettoyé et ravitaillé, trente jours après, le soir du 23 mars.

En attendant, contemplons ce gracieux dessin. Chaque pétale de béton clair était destiné au repos d’un bombardier stratégique à destination des armées ou des villes du bloc soviétique. L’ensemble a été construit dans les années 1950 sur les ruines d’un aérodrome militaire allemand des années 1940 dont on distingue encore les deux pistes en diagonale. Aucun des deux n’a eu le temps de servir.

Ajouté le 22 au matin:

J’ai bien survolé l’endroit, mais à 4 heures du matin. Le vol CA933 est resté au sol pendant 12 heures, en attendant que le brouillard se lève sur Beijing puis que les avions du matin partent. Quand on attend ensemble, on parle. Je raconterai plus tard, après avoir dormi.

Le deuxième jour de l’année

zhicaipinLe deuxième jour de l’année, l’épouse rend visite à sa famille d’origine (ne pas oublier que le mariage traditionnel en fait la fille de ses beaux-parents, qui deviendront ses ancêtres; c’est si vrai que son époux ne pourra pas la répudier après la mort d’un de ses ascendants, car ce serait priver un ancêtre des services d’une de ses filles). Le premier jour de l’année, nous aurions dû nous rendre dans ma famille, mais c’est trop loin. Nous nous sommes joints aux trois frères, leurs épouses et leurs descendants, autour de leur père. Le deuxième jour, nous sommes donc retournés chez mon beau-père. Après le dîner, il a voulu savoir si je savais tenir un pinceau et a mis sur la table la pierre à encre et des feuilles de journal (le calligraphe utilise du papier adéquat sur un matelas de feutre absorbant où est tracée une grille qui aide au respect des proportions; je n’en suis pas encore là). Mes essais ne sont pas montrables encore. J’ai recueilli quelques unes des feuilles où mon beau-père a tracé des caractères faciles pour me démontrer les gestes corrects. TianjinTianjinTianjinla ville où nous sommes. xi et double xiPremier caractère de xihuanxihuanaimer, et son double qui est le symbole du mariage. Dans le coin en bas à droite, le nom de ma belle-mère tracé en caractères traditionnels au pinceau fin. zhicaipinZhi Caipin; je suis arrivé trop tard dans la famille pour la rencontrer. Mon épouse souligne que, si son nom est banal (les Li et les Wang ensemble sont aussi nombreux que les Français), celui de sa mère, Zhi en 4 traits, est un des plus rares qui soient. Son prénom aussi est rare. Mon dictionnaire ne contient pas le dernier caractère; celui que vous voyez est faute de mieux. Regardez en haut les caractères corrects, remis à la verticale.

 

Calligraphies sur papier journal de Li Bingdun.

La première nuit de l’année

 

 

 

 

La première nuit de l’année se passe en famille. Mon beau-père a réussi à réunir presque tout le monde. Je ne suis plus le membre le plus récent; son premier arrière-petit-fils est né il y a quatre mois. C’est bien, mais pas très bien; ses trois fils ne lui ont donné que des petites-filles; sa fille unique lui a donné un petit-fils, mais à quoi bon. On dîne tôt, et la première nuit de l’année commence. Facade et fusée
Regarder les voisins tirer un feu d’artifice dans la cour de la résidence. Vous en rêviez, en Chine on le fait. Ca commence à la tombée de la nuit et ne s’arrête que quand les munitions sont épuisées.Spectacle téléA neuf heures, début du grand spectacle du Nouvel An sur la première chaîne nationale. Une pensée pour les Chinois de Paris qui le regardent avec nous sur CCTV4, la chaîne internationale; pour eux, il est deux heures de l’après-midi. Une autre pour ceux que je connais, qui espèrent regarder celui de l’année du Rat (2008) plus tôt le matin depuis Montréal, à condition de parler assez bien français d’ici là. Trois femmes
On confectionne les jiaozi, un peu de viande de porc, chou chinois et bien d’autres choses, qu’on enferme dans une petite poche de pâte qu’il faut bien fermer pour que l’eau bouillante n’entre pas pendant la cuisson. Congénitalement, les hommes ne savent pas bien faire. A dix heures, on les mange ensemble. Table de dominos
Une partie de dominos en attendant minuit. Je ne connais pas la règle , encore une chose qui me manque.
RueExplosion A minuit moins cinq, les grandes personnes descendent avec leurs chapelets de pétards pour les dérouler au bout de la rue de la Splendeur. A minuit juste, on les allume. Toute la ville fait la même chose en même temps. Le paysage tremble, les alarmes des voitures clignotent. La nouvelle année commence dans un raffut assourdissant.Temple la nuit
Nous allons de l’autre côté du fleuve, rendre hommage au Bouddha dans son temple. Nous sommes des dizaines de milliers à avoir la même idée. Sur le chemin, deux occasion d’acquérir des mérites: avant d’arriver, donner à l’un des dizaines d’estropiés qui se sont fait transporter sur l’avenue; au retour, acheter une cage pleine d’oiseaux des champs et leur rendre la liberté. Les gardiens de la paix contemplent. Les pêlerins prévoyants ont acheté sur le chemin cinq pommes dans un filet. Aux tables devant le sanctuaire, un moine ouvre le filet, remet une pomme au fidèle et garde les quatre autres pour le monastère. Pas de photo. La lumière manque, et un éclair de flash est comme une explosion de pétard, chose impossible dans le saint lieu. Je pensais technique, on me remet trois bâtons d’encens pour ma dévotion. Je ne me sens pas à ma place.Temple

Le dernier jour de l’année

chunjiechun jie. Printemps, fête. C’est le dernier jour de l’année. Ce soir nous allons chez mon beau-père, qui réunit ses trois fils et sa fille. Mercredi matin je monte dans l’avion et je vais en France. Dans ma valise, un cheval de céramique offert par mon beau-père à ma mère, des foulards de soie offerts par mon épouse à ses belles-soeurs. Tout le monde se porte bien pour la nouvelle année. En attendant, les pétards éclatent partout sur les trottoirs, devant les boutiques, dans la cour des entreprises et des administrations. Un petit coup d’oeil dans le quartier.Boutique et pétards
Ce commerçant est sorti trop vite pour renouveler les chapelets de pétards qui crépitent devant sa vitrine. C’est certain, aucun esprit mauvais n’aura résisté. Boutique de tabac
La marchande de cigarettes et de boissons à l’entrée de la résidence a affiché deux fois le bonheur en bas de sa fenêtre-vitrine-comptoir. Dommage, j’ai pris la photo trop tôt, avant qu’elle sourie.

 

De quoi faire briller votre savoir en usages chinois: le caractère du bonheurfuest affiché à l’enversfu envers. Car daodaorenverser se prononce comme daodaoarriver. fudaolefu dao le. Le bonheur est arrivé.

Restaurant européen

 

 

 

 

EntréeLa veille de la Saint Valentin, nous sommes allés dîner au restaurant. Pour me réhabituer à la nourriture occidentale, mon épouse avait choisi Kessling, le restaurant allemand, pas loin de chez nous; on peut y aller à pied. Dans l’escalier qui mène à la grande salle, des photos anciennes encadrées rappellent que la maison a été fondée en 1903 dans la concession allemande par un monsieur Kessling et son beau-frère monsieur Bader. Aujourdhui le passé occidental de la ville est devenu l’Histoire et on le célèbre. La partie ancienne de l’hôtel Astor, sur le quai ouest de la rivière, est aussi couverte d’objets de mémoire et d’images des visiteurs de marque du temps de l’impérialisme. Est-ce que tout avait été préservé après le départ des étrangers fin 1949, ou a-t-on ressuscité les choses anciennes quand le moment du renouveau est arrivé? Ici on ne sait pas, et ce n’est pas si important.
Salle et bar C’est amusant de s’asseoir devant une table avec assiette, couteau et fourchette, cuiller à soupe en métal argenté, corbeille à pain, et petit pot de grès plein de beurre. Mais la table n’a convive avec fourchettepas de nappe; la corbeille contient du paint de mie; dans des petits pots semblables il y a du ketchup et de la confiture de groseille, condiments exotiques; l’huilier porte un flacon de sauce de soja, mais pas de moutarde. Compromis aussi pour le menu. Nous commençons par des soupes de légumes onctueuses suivies d’un boeuf aux carottes en cocotte et d’escalopes de porc avec des frites. Pour restituer complètement l’ordonnancement d’un repas occidental, il aurait fallu commander aussi des desserts. Mais nous n’y avons pas pensé. C’était déja difficile d’interpréter le nom des plats européens sur la carte uniquement en chinois. Aussi bien, tout est arrivé à peu près en même temps, à la chinoise; il n’y avait pas de couverts de service et nous avons fait avec la fourchette comme on fait avec les baguettes : prendre directement dans le plat.Bar et salle
Les autres clients ont l’air de faire pareil. La table à côté est occupée par un jeune couple; il lui a offert une barquette de chocolats Rocher Ferrero, les petites boules couvertes de papier doré, entourée de rubans couleur flamme (importés d’Italie, nouveauté de la saison). Nous avons bu la bière brune de l’établissement, apportée dans un grand pot de grès comme en Allemagne, habilement transvasée dans des verres plus modestes par le serveur.Enseigne
Dehors c’est la nuit en ville. L’enseigne du restaurant porte fièrement la transcription phonétique en trois caractères; je ne sait pas lire la calligraphie du premier. Note du dîner, 214 yuans pour deux, 11 euros par personne. « Pour une fois », dit mon épouse, comme chaque fois que nous faisons un excès de train de vie. La dernière fois que je l’avais entendu, c’était en rapportant à la maison une vraie baguette de pain (faite par un boulanger japonais, meilleure qu’en France). Pourtant elle est allée en Occident. Mais ici nous sommes chez elle.

Papier découpé

marchandeLe papier rouge découpé, jianzhi jianzhic’est ce qui décore tout le pays au moment de la fête du printemps. Le caractère du papier, à droite, se rattache à la soie si. Depuis un mois, on en trouve partout, le rayon « saison » de l’hypermarché en est plein. Mais les plus beaux se trouvent dans la rue, sur les tables des marchands saisonniers. Nous en avons acheté au marché. Petite visite pour le plaisir.Le marché

Marchandes de papiers

Il y a les bannières, de papier assez épais, fabriquées en taillant de grandes piles de feuilles cousues. On les accroche aux murs par le haut, et on les laisse flotter, pour pouvoir lire les caractères porte-bonheur.

panneaux de papiers

Mais les plus beaux sont taillés dans du papier fin et fragile, à l’unité ou presque. On les collera sur les carreaux des fenêtres ou sur un fond de papier blanc. Ils représentent les animaux favorables, les saints personnages, les fleurs.

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Celui-ci est surchargé de collages de couleurs. On reconnaît le caractère du bonheur, fu.

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Un autre encadré par l’animal de l’année, la truie et ses porcelets, chargée de caractères favorables. Le bonheur ‘fu’ fusur fond rouge. A gauche ‘jixiang’jixiang, favorable; à droite ‘ruyi’ ruyiles souhaits.

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Le cheval portant le caractère du bonheur.

Finalement, je n’ai pas montré de près les simples papiers découpés, sans couleurs ni ornements, ceux que les marchands de souvenirs proposent à l’admiration des amateurs. mais justement, pour la fête du printemps, on n’est jamais assez coloré, doré, brillant, pour accueillir le cochon d’or.

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Les noeuds du bonheur, faits d’un seul cordon entrecroisé. Il y en a de toutes les tailles. Ceux -ci conviennent pour une chambre. Les maternités prévoient une pointe d’activité au quatrième trimestre, d’enfants conçus et nés l’année du cochon d’or.

Fait divers

Voiture de pompiersPour la première fois depuis que je suis en Chine, j’ai eu affaire à un représentant de l’ordre public dans des conditions défavorables. Mais ça s’est terminé à la satisfaction de tout le monde, y compris les spectateurs. Donc hier en fin d’après-midi, j’étais sorti me promener en ville, avant un cours-conversation de français. En tournant le coin de l’avenue, je vois une voiture de pompiers, puis plusieurs, des tuyaux, et des messieurs en uniforme avec sur la tête des casques américains, mais décorés aux armes de la municipalité. Dans la petite rue adjacente, les pompiers sont en train de ranger après avoir éteint l’incendie d’un appartement. Pas de catastrophe. Un grand ruban encercle la scène, les voisins sont là, et le photographe du journal local. Je me mets derrière lui pour prendre mes photos.

Rue avec grande échelle

Rue et pompiers

Tout va bien jusqu’à ce qu’un agent de police m’aperçoive. Avec mon petit appareil pour touriste, je ne suis sûrement pas un professionnel autorisé à photographier les faits-divers qui ne seront publiés qu’après l’avis d’autres professionnels qualifiés pour dire si la publication est positive pour la collectivité (je ne me moque pas, je reprends les paroles du plus récent ministre de l’information de l’empire). Policier Il se dirige vers moi, franchit le ruban, et tend une main impérieuse pour que je lui remette l’appareil photo illégal. Apparemment plein de diligence pour satisfaire à sa demande, je tourne vers le haut le côté du petit écran, je manipule et je fais apparaître la dernière image, en l’invitant à se pencher pour regarder. Il ouvre la bouche puis s’arrête, se rappelant que les étrangers ne comprennent pas le chinois. Le peuple commence à se rassembler autour de nous. Que faire? Faut-il qu’il m’arrache l’appareil des mains en donnant au peuple le spectacle d’un représentant de l’ordre qui essaie de voler quelque chose à un étranger ? Je lui dis en mauvais chinois « regardez, je vais supprimer l’image ». En même temps, je passe à une autre image sans intérêt. J’appuie sur le bouton, il regarde attentivement la petite flèche clignotante sur fond noir. Puis il relève la tête et s’écarte d’un pas, l’air satisfait. Le peuple a pu voir que j’ai exécuté ce qu’il m’avait demandé. Il s’est fait comprendre d’un étranger, preuve de compétence. Tout le monde est content. Je fais quand même disparaître l’appareil au fond d’une poche et je ne m’attarde pas.

Le mot qui désigne les forces de l’ordre est gong an car gong an le deuxième caractère est la paix (une femme sous un toit), le premier désigne ce qui est commun à tous, comme gongjia gongjiala propriété publique, ou gongmingong min le peuple citoyen. En France, nous avons les gardiens de la paix.

Dimanche de printemps

C’est la fête du Printemps dimanche prochain, le 18 février de l’ère commune et le premier jour du premier mois de l’année lunaire. C’est le moment le plus froid, et le temps se réchauffe ensuite. Cette année, le printemps est en avance. Dimanche, je suis allé me promener sur le bord de la Haihe, qui a à peu près la largeur de la Seine à Paris, et que la municipalité veut rendre pareille, avec des berges de plaisance toutes neuves. L’architecte s’est inspiré des quais rive gauche de Paris. Le granite est bien propre et les arbres plantés il y a un an. Le décor urbain, avec l’usine de chauffage et le pont qui supporte le tuyau d’eau chaude, n’est pas encore à la hauteur, mais on y travaille.

Quai et baigneurs

De loin, j’ai vu un petit groupe au bord de l’eau, qui avait l’air de bien s’amuser. Il n’y a pas d’erreur, ce sont des gens qui vont se baigner. Comme toujours ici, c’est organisé. Quelqu’un a apporté une échelle lestée et un tapis. On a invité un pêcheur à rester tout près en cas de besoin.

Baigneur et échelleBaigneur

Et on part faire des longueurs dans le fleuve. L’eau n’est pas vraiment transparente, mais plutôt moins opaque que la Seine dans un jour moyen.

 

Nageurs dans le fleuve
En rentrant, je retrouve mon épouse casanière qui a regardé la télévision. Elle me dit que la température de l’air a atteint 12 degrés et qu’à Pékin c’est le 11 février le plus chaud depuis dix ans. Dans l’appartement où le nouveau chauffage collectif ne peut pas être réglé, il fait trop chaud. Pourtant, trois semaines avant, les pêcheurs étaient tranquillement installés sur leur terrain, comme tous les hivers, tournant le dos au vent glacial.

Pêcheurs sur la glace

Avant de partir, un coup d’oeil vers l’amont, le nouveau « pont des papillons » ouvert à la circulation depuis deux semaines seulement. Un autre était entré en service en décembre, et deux autres sont en chantier.

Pont et grands immeubles

A gauche, un nouvel immeuble d’habitation, qui s’appelle « le chateau de Tianjin » dans le texte. Livraison des appartements dans six mois.

Commentaires (ennui technique)

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En attendant, contemplons cette image du photographe Liou Y , prise dans la vallée de Chaibuqi, au nord du Yangzi à la hauteur du barrage des Trois Gorges, près de la ville de Yichang dans la province de Hubei.

Falaise fleurie

Toute la série est visible sur forums.nphoto.net . Comme très souvent ici, la montagne est entièrement humanisée, pourvue d’escaliers, galeries et lieux de repos pour le visiteur, sans porter atteinte à la beauté naturelle. Le tourisme (voyager dans le confort pour voir un lieu admirable et en garder le souvenir) se pratiquait en Chine au temps où l’Europe ne connaissait encore que le pêlerinage. Sachant que ce n’est pas contradictoire. Les Quatre Montagnes sont lieux de tourisme (on peut se faire porter au sommet en chaise ou en télésiège) et de prière (certains montent mille mètres par les escaliers en se prosternant toutes les trois marches et en se reposant dans les temples sur le chemin).