Le permis de résidence

Hier je suis allé autianjinshigonganjutianjinshi gonganju, le bureau de la sécurité de la municipalité de Tianjin, demander un nouveau permis de résidence. J’ai séjourné en Chine comme touriste avec un visa de deux mois, puis comme étudiant avec un visa de dix mois, puis de nouveau comme touriste, et depuis un an et demie comme membre de la famille d’un citoyen résident de la municipalité. Jusqu’ici je n’avais droit qu’à des permis de résidence de six mois. Cette fois ci on m’accordera peut-être une année entière.

Facade du bureauC’est dans une petite rue du centre, à l’est du fleuve, et tout près de l’ancien quartier italien qu’on est en train de restaurer. La façade est recouverte de ces très désolants carreaux rectangulaires blancs qui étaient la marque de toutes les constructions officielles il y a dix ans, logements, administrations et toilettes publiques. On peut admirer une fois de plus l’enseigne rouge de l’Etat chinois, qui représente la Cité Interdite surmontée d’étoiles. L’intérieur est beaucoup plus accueillant (les fleurs rouges en pot sont là pour une célébration officielle; d’habitude il n’y a rien devant le comptoir des caisses, où on va payer les droits).

Hall et caisses

En arrivant, on marche sur une mappemonde en marquetterie de marbre, où la Chine est au centre comme l’exige la raison. Même les Américains laissent la Méditerranée au centre et se contentent du côté gauche.

Mappemonde en marbre

J’ai apporté le formulaire rempli, beaucoup moins compliqué que celui des visas Schengen, une photo, et les preuves que ma demande est justifiée: renouvellement du permis de résidence d’un membre de la famille d’un citoyen ayant le droit de résidence dans la municipalité de Tianjin.

Formulaire recto

Formulaire verso

Le précédent permis de résidence est dans mon passeport. Il me permet d’entrer et de sortir autant de fois que je désire, pendant les six mois de validité.

Permis de résidence

Pour prouver que je réside conformément à la loi, j’ai apporté le papier délivré par le bureau de la sécurité publique du quartier. Mon nom n’y figure pas. Il devrait être à gauche sur la deuxième ligne. Mais le bureau de Xiawafang n’avait peut-être pas le manuel de transcription des noms et prénoms occidentaux (le volume « francophone » contient 40 000 noms). C’est mon numéro de passeport qui est important. Il prouve que l’administration est informée de ma présence dans son ressort, et ainsi personne ne s’inquiète de rien. Si j’avais omis cette formalité, je serais passible d’une amende de 500 yuans par jour de séjour irrégulier, limitée à 5000 yuans. Mais il y a des arrangements pour les gens de bonne foi.

Certificat de résidence

Pour prouver que je fais partie de la famille d’un citoyen, j’ai apporté le petit livre rouge que le bureau de l’état-civil a établi en enregistrant notre mariage, avec une photo de nous deux ensemble, prise par le photographe de l’administration. J’en ai un, mon épouse un autre. Si nous divorçons un jour, nous irons de nouveau ensemble au bureau de l’état-civil qui établira deux petits livres bleus, avec la photo du seul titulaire. Le livret de famille français délivré par le consulat ne servirait à rien, pas plus qu’un petit livre rouge en France.

Livret de mariage

En haut « République populaire de Chine » Zhonghua renmin gonghe guo ». ‘Chine’ se dit ici ‘zhonghua’ centre splendeur; ‘République’ se dit ‘gonghe’ publique harmonie. En bas Jie hun zheng . Lien mariage preuve.

J’apporte aussi une copie de la carte d’identité de mon épouse, et le plus important: la preuve qu’elle est résidente de la municipalité de Tianjin. Cette preuve, c’est le Hukou, le livret de logement (troisième et quatrième caractères de la première ligne; le quatrième caractère est la bouche à nourrir).

hukou

Sur la première page, l’adresse du logement. Sur les pages suivantes, l’état-civil de chacune des personnes qui résident dans le logement, leur lien familial avec les autres personnes, et leur niveau d’instruction (élémentaire, moyen, supérieur). Pour être citoyen de la municipalité, il faut être inscrit sur le hukou d’un logement. On peut habiter ailleurs. Sur celui-ci, mon épouse est « première fille » de son père, à l’adresse de son appartement. Son père habite tout près, dans le même quartier. Mais s’il avait habité dans une autre ville, c’est là que j’aurais dû aller demander mon permis de résidence. Il faudra que j’en reparle.

Comptoir des visas

Muni des originaux et de copies, je fais la queue au comptoir des visas. La plupart des clients sont Coréens ou Japonais, je dois être le seul Européen à ce moment là. Je suis reçu par un des deux fonctionnaires en uniforme bleu marine. Il apprécie que je lui aie apporté un dossier complet et en ordre. La fois précédente, j’avais oublié le papier de déclaration de résidence. J’avais dû revenir. Tout se passe dans la plus grande amabilité. On pourrait croire que c’est pour que les étrangers aient une bonne image de l’administration; à l’étage, où les citoyens chinois viennent demander les permis d’entrée à Hongkong ou faire enregistrer leur déménagement dans la ville, on a la même impression d’ordre et de courtoisie, alors qu’il y a neuf comptoirs et cinquante personnes qui attendent. D’ailleurs, on n’est pas debout devant la vitre d’un guichet; on est prié de s’asseoir sur un siège de bureau, au même niveau que celui qui est de l’autre côté de la table.

Comptoir des photocopies

On a vraiment l’impression d’être traité en client, comme à la banque. A droite de l’entrée, le comptoir des traductions et des photocopies est ouvert. Il y a un studio et un photographe pour les photos d’identité instantanées. Tout cela est payant, pas plus cher qu’en ville (10 identités pour 50 yuans, et on peut demander un tirage grand format si on trouve que l’image est réussie). On voit au fond les tables et les bancs où on peut s ‘asseoir pour rédiger les formulaires. La vitrine de la sécurité publique est aussi brillante que ses documentaires à la télévision.

Panneau de procédure

Je repars avec un bon de retrait de mon passeport, dans une semaine. Je paierai les frais (350 yuans la dernière fois, le même prix qu’un visa de touriste à l’ambassade). Je saurai alors si on m’a accordé un permis d’un an.

 

Peinture et rénovation

Ca se passait à la fin de septembre, mais aujourd’hui il fait froid, et je viens de retrouver ce souvenir du temps où il faisait meilleur. C’était un samedi matin, le jour était là, et nous n’avions pas l’intention de nous lever tôt.

Peintres à la fenêtre

Il y a eu un grand bruit tout proche, dehors. La fenêtre est au cinquième étage (à la mode chinoise; il y a 4 étages à monter). Une fois tiré le rideau, les travailleurs étaient là, derrière la moustiquaire. En fait, ce n’est pas cette image-là. Nous ne dormons pas avec l’appareil photo sur l’oreiller. Je les ai guettés quand ils sont revenus faire les retouches  et gratter la peinture qu’ils avaient mise sur les carreaux.

Voisin et peintres

Un peu plus tard, c’était un voisin côté cour qui s’inquiétait aussi.

Mur de la cour

Il était prévu de donner un petit coup de jeune à l’extérieur de la résidence, depuis qu’elle a échappé à la démolition. La nouvelle avenue qui mène à un des nouveaux ponts passe un peu plus au sud. Le chauffage collectif avait déja été changé en octobre l’an dernier, fini juste à temps pour l’ouverture (le chauffage commence le 15 novembre et finit le 15 mars; si le temps qu’il fait ne correspond pas, c’est le temps qui a tort).

Peintres le long du mur

Un peintre s’amuse de cet étranger qui n’a jamais vu des gens travailler. C’est vrai que, jusqu’ici, je n’avais vu des gens peindre au bout d’un fil que sur la coque de cargos en escale. S’il savait qu’en France son équipe serait obligatoirement installée sur une nacelle avec treuil agréé, garde-corps et ceinture de sécurité, et que les seuls autorisés à se promener ainsi sont les spécialistes prestigieux de la pyramide du Louvre ou équivalent.

Côté rue

Côté rue, on repeint aussi les briques en couleur brique. Je continue ce que je disais: les peintres se débrouillent tous seuls. Personne ne veille sur eux en haut ni en bas; ils se laissent glisser en reprenant la corde au-dessus de l’anneau coinceur, et voila.

Puisqu’il y a une inscription sur l’image: ça se prononce ‘gongyong dianhua’; « publique utilisation », « électrique parole ». Le ‘gong’ se retrouve aussi dans le jardin publicgongyuangongyuan, et dans la sécurité publiquegongangongan. J’irai demain au gonganjugonganjubureau de la sécurité publique, pour faire renouveler mon permis de résidence, au titre de membre de la famille d’un citoyen chinois résident de la ville.

Résidence

Et voila notre résidence rénovée, vue depuis l’autre côté de l’avenue du Grand Menteur. Dommage que je n’aie pas pris la même photo il y a deux ans. Depuis, les câbles et la ligne électrique à moyenne tension ont été enterrés. Le transformateur perché à cinq mètres du sol qui donnait à l’avenue un air de tiers monde modernisé a été remplacé par la petite maison rouge qu’on voit au milieu des arbustes. Un muret plaqué de pierre de taille protège les plantations, et la municipalité a ainsi intercepté le grand morceau de trottoir où l’artisan remplaceur de fenêtres du rez de chaussée travaillait au grand air. Il y a bien un renfoncement entouré d’une banquette en granit poli pour asseoir les retraités, mais ils n’aiment pas, et ils continuent d’apporter leur chaise ou leur petit pliant sur le trottoir qui reste.

Taizhou, fin

Taizhou Shuaijiao

Bai Yin

Cette dame en uniforme qui porte un badge bleu, c’est Bai Yin, une des arbitres du tournoi. C’est fini, nous sommes rentrés à Tianjin, Martial Wang et moi. Pour savoir où regarder les photos et les videos, consultez cette page . Il est possible de mettre des commentaires sous les photos. Faites-le, surtout si vous reconnaissez quelqu’un. Je n’ai pas fini de mettre les légendes et les noms des gens. A demain.

Taizhou, la vie sportive

L'hôtel vu d'en basC’est la première fois de ma vie que je suis dans une compétition internationale, côté participants. Pas moyen de vous parler de la ville, je ne l’ai pas vue, et les autres non plus, sauf en passant, depuis l’autobus, ou depuis les fenêtres des chambres. Le matin on a le temps de manger avant d’aller au palais des sports. A midi juste le temps de rentrer déjeuner dans le même hôtel et faire une petite sieste avant de retourner au palais des sports. Le soir seuls les moins fatigués, et ceux qui n’ont rien fait comme moi, ont la force d’aller au supermarché un peu plus loin dans la rue. Et même, le soir est fait pour aller discuter avec les autres dans les chambres et les salons. Les rencontres internationales ont été inventées aussi pour ça. Les arbitres ont encore une conférence.

Donc, voici une petite idée de ce qui se passe: Petit déjeuner dans une des grandes salles, tables de dix et plats chauds en buffet.

Salle à manger

C’est très bon, et en quantité illimitée, mais aucune concession aux étrangers qui ne savent pas tenir des baguettes ni boire la bouillie de riz. Il y a dans l’hôtel une salle « western breakfast » comme il y a une salle « food for muslims » (écrit en chinois, c’est moins désobligeant) mais seulement pour les hôtes ordinaires.

Hall de l'hôtel

L’équipe de Chine dans le hall de l’hôtel. Ce sont les plus disciplinés. Ils sont là à l’heure et tous. Derrière eux, le comptoir de la réception. On reconnaît un hôtel habilité pour recevoir les étrangers à sa rangée d’horloges par fuseau horaire; il ne faudrait pas se fier à ce qu’elles indiquent, mais c’est très décoratif.

Autobus

La voiture de la sécurité publique est prête à escorter les autobus des hôtes étrangers. Déja, quand le minibus qui nous transportait depuis Shanghai a pénétré sur le territoire du district de Taizhou, elle nous attendait pour nous guider jusqu’à destination.

Palais des sports

Le Palais des Sports est en vue. Nous pourrions être n’importe où dans le monde civilisé, s’il n’y avait les ballons rouges porteurs de devises en caractères. L’image ne le montre pas, mais nous sommes à la limite de la campagne. Le grand terre-plein pavé de granite au sud du palais est bordé de champs de légumes. La verdure au premier plan est une plante alimentaire à graines que je ne connais pas. Trois femmes la battaient au fléau, mais elles avaient fini quand j’ai pu arriver sur place.

Spectateurs qui arrivent

Vus à travers les vitres de l’autobus, les spectateurs se dirigent en cortège vers le palais des sports. Nous sommes protégés, mais quelques passionnés arriveront quand même à passer du côté des sportifs pour côtoyer les étrangers, dont la plupart sont Chinois aussi.

Descente de bus

L’entrée du palais des sports. les Chinois et les Mongols sont en rouge, les autres dans d’autres couleurs.

Dans la salle encore déserte, les premiers arrivés pratiquent des rites de mise en forme qui m’échappent.

Massage

Shan Hai, de la classe des 115 kilos, équipe chinoise 1, massé par un de ses équipiers. Bientôt tout le monde sera là et envahira les tapis pour s’échauffer. Pour voir et entendre, il y a une video en ligne.

Marques

horlogeVue d’une des deux table des juges de tapis, où les 24 arbitres se relaieront pour juger, noter, et chronométrer les rencontres. L’horloge, que les adversaires peuvent voir, marque les trois minutes de chaque reprise à la seconde près. La lumière blanche indique que le temps court, la lumière rouge les arrêts de jeu à chaque point marqué. A la place du chronométreur, le sifflet qui commence et finit les reprises, et le gong qui termine le match après deux reprises. Pour le détail des règles, voir la fédération européenne de Shuai Jiao.

Table de chronométrage

Début de la première rencontre. Les adversaires saluent les juges, se saluent, et attendent le signal de l’arbitre du match.

Début compétition

Ceux qui veulent approfondir les gestes de l’arbitre peuvent regarder la video technique de Michael Wix (shuaijiao.tv ).

Arbitre, signal 1

Arbitre, signal 2

C’est Rob Simpson, du Royaume Uni, homme que rien ne peut troubler. Aucun athlète britannique n’ayant pu venir, il avait fait honneur au drapeau du Royaume Uni pour la cérémonie d’ouverture en défilant seul derrière l’enseigne de son pays.

Pang Wang 1 Pang Wang 2Pang Wang 3Pang Wang 4Pang Wang 5

Il ne s’est pas écoulé beaucoup de secondes entre la première et la dernière image. Pang Guangquan (Chine-2) a marqué deux points sur Martial Wang (France) qui menait 1-2.

Wang Pang

Les deux adversaires après l’assaut. Ce n’est pas tout à fait vrai. La photo a été prise après l’entraînement, dont on peut voir une minute en video . On peut voir plusieurs petits passages des matchs sur Youtube , qui conduira aussi ceux que cela intéresse vers d’autres images de Shuai Jiao.

Taizhou, première journée

shuaijiaoMaintenant, les caractères Shui Jiao me sont devenus familiers, même si les Américains l’ont écrit sur leur badgeshuaijiaoavec le caractère qui signifie « corne » ou « coin », alors que le deuxième caractère correct contient le piedzucomme le premier contient la mainti, bons symboles. Le dictionnaire dit que les deux formes de ‘shuaijiao’ sont correctes.

Aujourd’hui 24 novembre, c’était la première journée de compétition. Il y en a deux. Après la journée d’arrivée des équipes, la journée d’entraînement suivie du dîner de bienvenue, la journée de pesée des compétiteurs et la cérémonie publique d’ouverture, nous y sommes. Je ne vais pas essayer de faire des commentaires sportifs, ma compétence est trop basse.

La plus grande impression, ce sont les filles de Mongolie. La seule équipe qui ait plus de filles (5 si j’ai bien compté) que de garçons (trois). Leur maman entraîneuse, toujours ensemble parce qu’elles ne parlent ni le chinois ni l’anglais, elles ont marqué le maximum de points.

Mongoles à l'échauffement

En voici deux dans le palais des sports désert, qui commencent l’échauffement dès la descente du car.

quatre mongoles

Et quatre en train d’encourager leur copine Su Longaggerile en combat contre la Chinoise Zhou Peiru. (les noms sont à vérifier; j’ai du mal à suivre la feuille des matchs)

Su Longgagerile

Celle qui a les cheveux blonds est Mongole. C’est l’occasion de préciser que c’est elle « Rouge », Zhou Peiru est « Bleue ». Chacun porte une veste réversible à liseré bleu d’un côté, rouge de l’autre. Les bleus se présentent à gauche de la table des juges, les rouges à droite. C’est l’inverse sur les photos, prises face aux juges.

Wang_pan

Voici l’ensemble du décor. Bleu: Martial Wang (France) face à Rouge: Pang Guangquan (Chine-2). L’arbitre de match va donner le signal. Son adjoint se tient prêt à droite. L’horloge éclaire rouge, signe que le temps (trois minutes par reprise) ne court pas.

Chen Xing  Silvio Hund

Un match en cours. Chen Xing (Chine) contre Silvio Hund (Allemagne).

Beau geste

Un beau geste que les juges apprécient.

Point de pénalité

Un point de pénalité, ou bien un point marqué par Rouge. Les juges n’ont pas l’air satisfaits.

Entraîneur et équipier Canada

L’entraîneur de l’équipe du Canada encourage un de ses athlètes.

Sortie de combat

Fin de combat. Bleue (je n’ai pas été capable de pointer correctement les combattants) a du mal à réaliser.

Martial Wang
Martial Wang vient de perdre contre Pang Guangquan, mais il a plus d’expérience que la plupart des concurrents.

Contemplation

Ceux qui ont fini se sont remis en tenue civile et contemplent les derniers combats.

Grands juges

Les grands juges ont eux aussi contemplé la compétition, sans rien dire. Ils parleront à la conférence des arbitres, chaque soir.

Demain, suite de la compétition, qui commencera comme ce matin et cet après-midi, par l’échauffement. Ici, l’équipe de Chine.

Echauffement

Deux minutes d’un combat entre Danielle Maiuri (Canada) et Wu Yinga (Mongolie), catégorie des 75 kg, sont visibles en video sur Youtube . La série de photos et d’autres videos attendront le 26. Ce soir la vie est courte et la ligne internet encombrée. Demain, nous partons directement du palais des sports à la gare de Shanghai, où nous prendrons le train de nuit pour Tianjin.

Taizhou, ouverture

Logo du tournoi

Cet après-midi 23 novembre, cérémonie d’ouverture du tournoi, au palais des sports de Taizhou. Le public est venu en nombre, deux à trois mille personnes. Au programme: arrivée des équipes dans l’arène, en défilé, chaque équipe précédée d’une jeune fille en qipao rouge qui porte l’enseigne au nom du pays, en caractères et en anglais; tout le monde s’aligne face à la tribune des officiels; discours avec traduction, proclamation du respect des règles du sport, hymne national. Ensuite, pendant que les équipes sortent et vont dans les gradins, le spectacle commence avec la danse des dragons.

Pas de photos de la présentation des équipes. J’étais moi aussi au garde-à-vous en écoutant l’hymne chinois. Vous aurez une petite idée des spectacles et des démonstrations en regardant les images sur leur site. J’ai aussi fait un essai de video . Pas passionnant, mais j’espère pouvoir enregistrer quelques assauts du tournoi.

Pour porter bonheur à la suite de l’aventure, une image de la timide Joanna Skamla, seule à défendre les couleurs de la Pologne.

Polgne

Elle est en compagnie de sa porteuse d’enseigne, qui marchera devant elle pour entrer dans l’arène. Chaque équipe en a une. Celle de l’équipe de France parle anglais.

Taizhou, le banquet

Hier soir, banquet d’accueil. Nous avons enfin vu tout le monde, compétiteurs, entraîneurs, arbitres, et officiels. Plus de deux cent personnes dans la grande salle des mariages. Beaucoup de jeunes, des gens qui ont l’age des responsabilités, et un certain nombre de vieux vénérables. L’art du Shui Jiao se pratique toute la vie, et les anciens ont en science ce qui leur manquerait en force. Mais ils ne participent pas à la compétition.

J’ai très mal mangé à la table longue des officiels, des petites assiettes apportées une par une, et des liquides versés dans mon verre par une serveuse, pendant que tous les autres se réjouissaient autour des tables rondes de dix, chargées de bonnes nourritures et de liquides stimulants, vin, bière, baijiu, et jus d’orange aussi. Il y a eu deux courts discours, avec traduction en anglais probablement abrégée. J’étais venu pour jouer l’officiel, donc c’est fait. Beaucoup de gens se sont efforcés de parler français avec moi.

Ce matin, pesée des concurrents. Martial pèse 84 kilos. Il est donc dans la catégorie 82 à moins de 90. Gao Yu de l’équipe chinoise est blessé. Les autres concurrents sont Jose Nir da Silva (Brésil), Ernesto Bernal et Steve Lalla (Canada), Pang Guanquan (Chine), Ivan Larranaga (Espagne), Huang Shiping et Chen Chinlin (Taiwan), Charles Lin et David Segara (Etats-Unis) _liste d’après le programme_.

Cet après-midi, cérémonie d’ouverture au palais des sports.

Quelques images du banquet. Comme il n’y avait pas d’étiquette, chacun s’est habillé à son goût, survêtement à la gloire de son sport, ou autre chose. Apparemment l’Asie aime l’uniforme.

Table officielle

La table des officiels, pendant le discours de bienvenue. A la tribune, le représentant de la municipalité de Taizhou, qui reçoit et paie les frais. Comme je suis mauvais journaliste, je n’ai pas su noter son nom. Les officiels des pays invités sont d’un côté, les officiels du sport et de l’administration de l’autre.

Equipe de Taiwan

L’équipe de Taiwan pose avant le début du repas. Sur leur blouson, l’insigne de la « famille Chang » et un papillon bleu, qui dira quelque chose aux connaisseurs.

Chinoises

Une des tables de l’équipe de Chine. Les filles aiment bien être photographiées. J’ai raté les petites Mongoles aux joues rouges. Le temps de les trouver, il a fallu que je rejoigne la table officielle. Et dès le dîner fini, leur entraîneur les a emmenées à leur étage parce qu’il était l’heure de dormir. Les Chinoises les ont suivies de près. Il n’y a eu que les Occidentaux, Taiwanais compris, pour s’attarder un peu.

Natalie Canada

A la table du Canada, Natalie Pomerleau-Perron, la seule Québécoise, et la seule avec moi dont la langue maternelle soit le français. Elle concourt dans la classe 52 à moins de 56 kg.

Groupe

Un groupe international au bout de la table longue. L’Indien au crâne lisse au second plan est Britannique, le Chinois qui tient une bouteille de baijiu est Américain, le barbu en survêtement Taiwanais, le Chinois à droite est Brésilien, et celui qui domine de la tête est Espagnol.

Toast

A la table des officiels, un toast tardif, en vidant le minuscule verre à pied qui est auprès de chaque convive. Mais certains habitués se sont fait servir le baijiu dans le verre à eau. A droite, madame Zhang, l’interprète, en contemplation.

Table ronde

Une table ronde à la fin du repas. On a apporté la soupe qui conclut tout bon dîner. Au second plan, l’homme en veste chinoise est l’entraîneur Canadien. Le vin rouge est du Changyu, fait à Yantai sur la côte nord du Shandong entre Weihai et Penglai.

Equipe US

L’équipe américaine pose pour les photographes. Au premier plan, la table longue et les appareils photo qu’on m’avait confiés.

Cuisiniers

Son service terminé, la brigade des cuisines vient voir les étrangers. Mais les vieux chefs ne se montrent pas.

Martial

Martial Wang, supporter de l’équipe de Taiwan.

Quelques photos sont en ligne sur un site de photos , avec des légendes incomplètes. Ne manquez pas de mettre le nom des gens que vous reconnaissez en commentaires.

Taizhou, préparatifs

shuaijiaoPendant quelques jours, ce journal va parler de sport, exactement de Shuai Jiao, l’art de tomber, un des arts de la lutte chinoise. Je n’y connais rien, je ne suis pas tellement sportif, mais la fédération française avait besoin d’un officiel en plus de l’entraîneur et des compétiteurs, pour répondre à l’invitation au tournoi 2007 de l’association chinoise de Shuaijiao. Wang Zhihong, un des compétiteurs, est un ami, et il a eu l’idée de me demander de jouer le rôle d’officiel; avantage: je suis déja tout près.

Déception hier matin à l’aéroport de Shanghai Pudong: un seul Français arrive, au lieu des quatre annoncés (j’étais prévenu, mais j’espérais quand même). BadgeLes trois autres ont été priés par leurs employeurs de rester à leur poste en cette période de grèves. Ceux qui les invitent ne sont pas offensés. Ils savent grâce à la télévision nationale qu’il y a des troubles en France. Certains craignent même que le nouveau président de la France, qu’on voit souvent aussi bouger à la télévision, ne puisse pas venir le 26 comme prévu (pour l’instant, l’ambassade m’a envoyé une invitation pour le rencontrer à Pékin le 26 au soir). Le survivant est Martial Wangwangmaxi'erwang ma xi er en transcription des noms et prénoms occidentaux, ce qui se traduirait à peu près  » Leroi Cheval-tranquille  » sur son badge officiel et sur le programme.

Pour les règles du Shuaijiao, consulter la fédération européenne (en anglais; je traduirai). Le tournoi réunit 96 compétiteurs de 9 pays: Brésil, Canada, Chine, France, Italie, Pologne, Espagne, Taiwan, Royaume-Uni, Etats-Unis. La Mongolie n’a pas pu venir. La liste ici . Et si vous voulez approfondir, lisez http://shuaijiao.tv/   que Michael Wix écrit depuis Pékin.

L’organisation a pris en charge les étrangers depuis l’aéroport. Nous avons retrouvé d’autres équipes dans un hôtel de Shanghai, et nous sommes partis à Taizhou en minibus. L’hôtel Yuanyue est déja pavoisé comme il doit l’être en Chine, avec arc de triomphe gonflable et ballons portant des banderolles de bienvenue de dix mètres de haut.

Entrée de l'hotel

Ce matin, entraînement au palais des sports municipal, lui aussi décoré selon les règles. Cet après-midi, repos pour ceux qui doivent récupérer du décalage horaire. L’équipe américaine de Chicago et celle du Canada ont fait la moitié du tour du monde. En attendant l’ouverture officielle demain après-midi, quelques images de l’entraînement.

Equipe de Chine

Les huit filles d’une des équipes de Chine posent pour le photographe.

Soleil dans la salle

Sous un rayon de soleil, quelques garçons d’une des équipes chinoises, déja à l’entraînement.

début assaut

Vu du côté des juges, début d’un assaut d’entrainement sur la surface réglementaire, un cercle de huit mètres de diamètre. L’arbitre va donner le signal aux adversaires.

Assaut filles

Assaut en cours. Rouge va réussir à faucher les jambes de Bleue mais ne marquera pas le point parce qu’elle va tomber aussi. Mon appareil photo n’est pas encore réglé sur « vitesse ».

Début hommes

Préparation d’une reprise entre deux poids lourds d’une équipe de Chine.

Assaut garçons

L’assaut en cours, les juges au fond. Il y a aussi deux arbitres marqueurs de point à gauche et à droite.

Martial

Martial Wang à l’échauffement.

Entrainement

Martial Wang avec son partenaire d’entrainement Darrell Wu, équipe des Etats Unis de Chicago (au centre). A gauche, Brian Wu l’entraîneur. Il y a une video de cet entraînement, en ligne bientôt.

Equipe du Brésil

L’équipe du Brésil à l’entraînement dans le parc de jeux près du palais des sports. Bruno Feitosa, 65 kg, lève Jose Nir da Silva, 82 kg.

Drapeaux

Au plafond du palais des sports: Brésil, Canada, France, Allemagne, Italie, Mongolie, Chine, Pologne, Espagne, Taiwan (comité olympique), Royaume-Uni, Etats-Unis.

Souvenir de Shanghai

C’est la première fois que je passe une journée seul à Shanghai. J’y étais venu deux fois, en voyage organisé chinois, ceux qui réussissent à mettre dans la même demi-journée l’ascension de la tour Jin Mao, la promenade sur le Bund,le tour en bateau le soir sur la rivière, le shopping rue de Nanjing, la visite du temple du dieu de la ville et celle du jardin Yu, en prenant le temps de dîner et d’aller chercher l’hôtel dans une banlieue lointaine (pas nécessairement dans cet ordre).

Cette fois, puisque j’en ai l’occasion (et que les horaires combinés du train et de l’avion me l’imposent), j’ai pris une chambre dans un hôtel tout près de la gare (il vaut mieux quand on arrive aussi tard) et j’ai passé la journée à me promener. Intérieur du MaglevPas tout à fait: je suis d’abord allé reconnaître l’aéroport où je devrai retourner à une heure peu favorable à l’esprit clair. Voyage aller en métro, avec changement pour la ligne Maglev vers l’aéroport; le métro le plus rapide du monde (430 Km/h) et le seul à sustentation magnétique. J’ai commencé par me perdre dans les sous-sols de la station Gare de Shanghai, et j’ai eu une pensée pour le vieil illettré que j’avais un jour guidé dans la station Nation à Paris. Il devait se rendre de Nogent sur Marne à la rue Campagne Première; on lui avait donné sa convocation en lui disant « prenez le RER et changez à Nation. » Le Maglev est très confortable, et le voyage dure dix minutes (une heure au retour en autobus) mais on se sent tout drôle en arrivant. Il paraît que le constructeur n’arrive pas à le vendre parce qu’on ne peut pas habiter à moins de cinquante mètres de la voie; le rayonnement magnétique perturbe les êtres vivants, seuls ceux qui sont à l’intérieur des voitures y échappent. Je n’y ai pas échappé; ça doit être psychologique.

Vérification des idées reçues sur Shanghai, tels que les gens de Tianjin les voient:
_ Ils se pressent tout le temps. Certes, celui qui monte en escalier roulant ne reste pas sagement sur une marche comme font les gens raisonnables; il continue de monter. Et l’écran sur le quai du métro affiche le compte à rebours de la prochaine rame, à la seconde près; il passe à zéro au moment exact où elle s’immobilise à quai. Les écrans du métro de Tianjin affichent « moins d’une minute » quand on entend la rame approcher.
_ Ils n’ont pas de morale. Hier à dix heures du soir, le temps de tourner le coin entre la sortie de l’hôtel et l’entrée du KFC, j’ai eu deux propositions directes de jeunes filles, et une mère maquerelle qui m’a invité à tourner mon regard vers sa protégée. A l’intérieur du KFC, une autre fille a tenté sa chance; pourtant, un vieil Occidental assez radin et paresseux pour manger un bout de poulet tiède au lieu de s’asseoir devant un bon repas ne devrait laisser aucun espoir; mais si elle était là, c’est que la clientèle y est aussi. Ce soir, dans la partie piétonne de la rue de Nanjing, deux se sont carrément frottées tendrement contre mon anorak, et il a fallu leur parler en français pour qu’elles s’écartent. Une d’elles est très mignonne.

J’ai quand même eu l’impression d’être dans une bien plus grande ville que Tianjin. Le nombre ne fait rien à l’affaire. L’air est plus dense. Il y a assez d’étrangers pour qu’on les voie. Un petit ton d’efficacité qui fait que les choses sont à la place où on en a besoin. Cet hôtel qui n’est pas de grande classe a une prise Internet haute vitesse dans chaque chambre. Des illusions … Il faut que je revienne, d’ailleurs j’ai des gens à voir.

En attendant, quelques clichés:

Gare du Maglev

La station Ville du Maglev, au moment où la rame arrive. Le photographe fera aussi une image de l’écran qui affiche la vitesse de la rame en direct.

Pudong arrivée

L’aéroport de Pudong, étage Arrivées, à la fin du débarquement des passagers d’un vol depuis Londres. Demain matin, le vol de Paris devrait ressembler à ça.

Départs

L’étage Départs, au dessus, est beaucoup plus riant. Mais il ne suffira bientôt plus. On est en train de finir une deuxième aérogare exactement symétrique de la première.

Horaires

Le tableau des horaires. Une occasion de contempler la division majeure entre « Vols intérieurs » et « International & Hongkong/Macau/Taiwan. La grande île est déja une province à statut spécial. Il ne manque plus que des vols réguliers directs (pour l’instant, il n’y aura que des charters à la fête du Printemps en février), la pancarte n’aura pas à être changée. Pour lire les destinations, l’image en grand est derrière la petite.

Devant la gare

Devant la gare. Les banderoles rouges marquent l’entrée du quai souterrain des taxis et de la dépose de voyageurs. En haut on voit découpés sur le ciel les caractères Shang hai zhan.

Vu par la fenêtre

Vu de ma fenêtre orientée à l’ouest. Les connaisseurs reconnaîtront au loin la tour Jinmao, 421 mètres, et sa voisine en construction qui la surplombe déja; c’est à Pudong, de l’autre côté du fleuve; le Méridien, plus près à droite, avec deux cornes.

Tours au loin

Bu ye cheng

Bu ye cheng shang sha. Non nuit ville commerce bâtiment. « Centre d’affaires de la ville sans nuit ». Un bête immeuble de bureaux, mais ça fait de l’effet.

Petit voyage

Demain matin, je prends le TGV en direction de Shanghai. Si tout se passe bien, je serai à l’aéroport de Shanghai Pudong à 5 heures du matin, pour retrouver à la descente de l’avion de Paris des amis qui viennent participer à une compétition de lutte chinoise. Je n’y connais pas grand-chose; ils m’ont demandé d’être leur photographe, et d’apporter une veste et une cravate pour les réceptions. Tout est possible, je vous raconterai. Ca se passe à TaizhouTaizhou‘paisible préfecture’ dans la province de Jiangsu au nord de Shanghai.

Aujourd’hui, je suis allé à la gare acheter les billets. La grande gare de Tianjin est reconstruite pour les jeux Olympiques. En attendant, une gare provisoire a été installée dans une zone commerciale. La salle des pas perdus est à l’air libre et on a presque l’impression d’être à la campagne. Et, justement, j’ai trouvé enfin l’image de la Chine Eternelle qui m’avait fui jusque là. Les seuls porteurs de palanche que j’avais croisés jusqu’ici en ville sont les marchands de fleurs en costume typique qui viennent de temps en temps.
Palanche

Certes c’est un peu modernisé. Ce sont simplement des travailleurs qui vont rentrer chez eux. Ils viennent d’acheter leurs billets. On reconnaît une couette neuve dans sa housse plastique à gauche, entre les mains de l’homme au chapeau noir.

Jeunes dans la gare

Mais il n’y a pas que les campagnards, témoin ce jeune couple citadin. Derrière eux, la façade du supermarché de la gare, qui fait de la publicité pour les ‘shiba jie mahua’; 18 rue chanvre; les mahua de la dix-huitième rue, pâtisserie bourrative de pâte sucrée et parfumée, filée en forme de corde, le souvenir qu’on rapporte obligatoirement de Tianjin (image un autre jour; comme on en voit partout, j’ai oublié de les photographier).

L’image des guichets de gare pris d’assaut les jours de pointe passe à la télévision à chaque semaine d’or, quand tout le monde part en même temps.

Salle des guichets

En période calme, c’est comme partout ailleurs. Contrairement à la légende, les gens font la queue tranquillement. Au dessus des têtes, une banderole rouge proclame un accomplissement récent, comme partout dans les rues, dans le métro, sur les chantiers et devant l’entrée des services publics. Ici ‘meitian chepiao 15000 zhang’ « chaque jour train-billets 15000 unités ». J’aime bien la gare provisoire.